ART HUMAN ORIGIN

Déc 24, 2020 | Non classé

Booshra Mastour découvre la peinture à l’âge de 3 ans. Ce médium fait partie intégrante de son quotidien. Elle peint à la maison comme elle joue, mange et grandit. Au cours de son enfance et de son adolescence, elle navigue entre deux enseignements culturels et religieux : l’un catholique, dans une école dirigée par des nonnes, l’autre musulman, au sein d’une mosquée.
Très tôt, Booshra plonge dans un questionnement silencieux sur le comportement humain et s’interroge sur les sociétés, sur les croyances et sur les conditionnements. Avec le temps, elle trouve ses propres réponses, parfois réconfortantes, parfois frustrantes ou révoltantes, et avec pour éternel refuge, son art.

Booshra, artiste : « Pour moi, l’art est une torche puissante dans le brouillard. »

Artiste autodidacte au parcours atypique et discret, elle voyage dès la fin de ses études et continue à peindre sans jamais exposer ses œuvres.

« Je voulais découvrir seule l’immensité du monde et ce qui y diffère de nos sociétés modernes occidentales. Découvrir des minorités dans leurs modes de vie, dans leurs environnements, leur spiritualité et leurs coutumes, et par la suite les peindre ».

Au cours de cette quête nomade et intime qui ponctuera 12 années de sa vie, l’artiste explore sur place les techniques et le potentiel des matériaux locaux et se passionne pour les textures. Petit à petit, sa peinture se perfectionne pour aujourd’hui se présenter sous la forme de toiles monumentales aux matières et au relief étonnants. On y voit des portraits d’une intensité sans pareille. Booshra y dévoile la nature humaine dans ce qu’elle a de plus brut, d’ancestral, de beau et d’imparfait à la fois.

« C’est précisément l’authenticité et la transparence humaine en chacun de nous qui me fascinent. Peu importe d’où l’on vient, le voyage me l’aura enseigné. À travers le regard, on transmet, on exprime.

C’est une énergie presque palpable. Quand il est authentique et transparent, quand il ne dissimule pas ses fragilités, le regard enseigne quelque chose d’essentiel. Tout le monde a déjà expérimenté ça. Et ce que cela révèle, en quelques secondes et sans un mot, est souvent très fort.

C’est cette vibration invisible et vivante, dont nous sommes tous porteurs, que je veux insuffler à chacun de mes portraits.

Mais les regards que je peins n’auraient pas de profondeur, si ma démarche n’honorait pas autant l’imperfection. Le rapport que nous, humains, avons à l’imperfection dans nos sociétés modernes ou tribales est incroyablement intéressant. Des cicatrices, nous en portons tous. Qu’elles soient accidentelles ou voulues comme pour les scarifications, qu’elles soient visibles ou au contraire symboliques, elles sont autant de traumas et relèvent toutes de ce que nous portons discrètement, elles relèvent de ce qui nous façonne et de ‘qui’ nous sommes aussi, sous les couches du paraître.

Je balafre littéralement mes portraits d’imperfections, je les pare de cicatrices, de scarifications et je ne les décroche que lorsqu’à mes yeux, ils deviennent vibrants. Vivants. »

C’est en 2016 que Booshra décide de rendre son art public. Les réactions sur les réseaux sociaux sont immédiates. Contactée par plusieurs galeries étrangères – dont les premières sud-africaines et américaines – elle est projetée sur la scène artistique internationale avec, dans la foulée, sa sélection à l’Art Basel de Miami. L’artiste expose de Johannesburg à Miami, en passant par New York, Los Angeles, Hong Kong, Shanghai ou encore Bangkok.

Un projet personnel de street art anime aussi la peintre : réaliser le seul portrait de « Victoria Lu » dans 15 pays du monde. Le premier a été réalisé à Hong Kong, puis à Bangkok. Les prochains sont programmés pour Lasne, eh oui !, Casablanca, ensuite New York, Miami et d’autres villes d’Europe et d’Afrique.

Face à une peinture de Booshra, on ne reste donc pas indifférent. Il s’en dégage une présence, une aura presque physique. Ses toiles invitent à l’introspection. Elles agissent comme un miroir de notre âme et nous portent vers la réflexion.

Booshra Mastour discovered painting at the age of three and it formed an integral part of her childhood and adolescence. She grew up between two different worlds: one Catholic, at school, the other Muslim.
Booshra soon began questioning human behaviour, societies, beliefs and conditioning, gradually finding her own answers, sometimes comforting, sometimes frustrating or appalling. Art was her refuge, a powerful torch in the fog.

A self-taught artist following an atypical path, she went travelling after her studies and continued to paint without exhibiting her work.

She wanted to explore the world alone and experience all that differs from Western society. To discover minorities, their way of life, environment, spirituality and customs, and then paint them.

The artist led a nomadic life for 12 years, experimenting with techniques, local materials and textures. She gradually perfected her paintings, which now take the form of monumental canvases with surprising materials and reliefs. Through portraits of unparalleled intensity, Booshra reveals human nature, at once rough, ancestral, beautiful and imperfect.

She is fascinated by the authenticity and transparency in each of us, expressed through our eyes.

The eyes that she paints have depth because she reveals our relationship with imperfection in our modern or tribal societies. The scars that we all bear, whether accidental or deliberate, visible or symbolic. They reveal who we really are underneath.

Booshra decided to make her art public in 2016 and prompted an immediate response on social media. She was contacted by several art galleries and projected onto the international art scene, exhibiting around the world.

She has also embarked upon a personal street art project across the globe.

Booshra’s paintings do not leave the onlooker indifferent. They convey a presence, an almost physical aura. They invite introspection, acting as a mirror of our soul and prompting reflection.
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