Her World

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ART HUMAN ORIGIN

Booshra découvre la peinture à l’âge de 3 ans. Ce médium fait partie intégrante de son quotidien. Enfant, elle peint à la maison, comme elle joue, mange et grandit. Au cours de son enfance et de son adolescence, elle navigue entre deux enseignements culturels : l’un occidental, l’autre orientale.

Très tôt, Booshra plonge dans un questionnement silencieux sur le comportement humain et s’interroge sur les sociétés, leurs croyances, leurs conditionnements. Avec le temps, elle trouve ces propres réponses, parfois réconfortantes, parfois frustrantes ou révoltantes, et avec pour éternels refuges son art

« Pour moi, l’art est une puissante torche dans le brouillard. »

Artiste autodidacte au parcours atypique et discret, elle voyage dès l’âge de 20 ans et continue à peindre sans jamais exposer ces oeuvres.

« Je voulais découvrir seule, l’immensité du monde, et ce qui y diffère de nos sociétés modernes et occidentales. Découvrir des minorités dans leurs modes de vie, dans leurs environnements, leur spiritualité, dans leurs coutumes et par la suite les peindre ».

 

 

Au cours de cette quête nomade et intime qui ponctuera douze années de sa vie, l’artiste explore sur place les techniques et le potentiel des matériaux locaux et se passionne pour les textures.

Petit à petit, sa peinture se perfectionne pour aujourd’hui se présenter sous la forme de toiles monumentales aux matières et reliefs étonnants. On y voit des portraits d’une intensité sans pareille. Booshra y dévoile la nature humaine dans ce qu’elle a de plus brut, d’ancestral, de beaux et d’imparfait à la fois.

Par Louise Van Reeth

« C’est précisément l’authenticité et la transparence humaine en chacun de nous, qui me fascinent. Peu importe d’où l’on vient, le voyage me l’aura enseigné : à travers le regard, on transmet, on exprime.

C’est une énergie presque palpable. Quand le regard est authentique et transparent, quand il ne dissimule pas ses vulnérabilités, il enseigne quelque chose d’essentiel. Tout le monde a déjà expérimenté. Et ce que cela révèle, en quelques secondes et sans un mot est souvent très fort.

C’est cette vibration invisible et vivante dont nous sommes tous porteurs que je veux insuffler chacun de mes portraits.

Cependant, les regards que je peins n’auraient pas de profondeur si ma démarche n’honorait pas autant l’imperfection.

Le rapport que nous, humains, avons l’imperfection dans nos sociétés modernes ou tribales est incroyablement intéressant. Des cicatrices, nous en portons tous. Qu’elles soient accidentelles ou voulues comme pour les scarifications, qu’elles soient visibles ou au contraire symboliques, elles sont autant de traumas et relèvent toutes de ce que nous portons discrètement, elles relèvent de ce qui nous façonnent et de « qui » nous sommes aussi, sous les couches du paraître.

Je balafre littéralement mes portraits d’imperfections, je les pare de cicatrices, de scarifications et je ne les décroche que lorsqu’à mes yeux, ils deviennent vibrants. Vivants. «